Comment les auteurs bibliques ont-ils écrit les livres qui composent aujourd’hui cette bibliothèque que nous appelons « la Bible » ? Avaient-ils des sources à leur disposition ? Pourquoi certains épisodes sont-ils relatés à plusieurs reprises ?

Pour répondre à ces questions, rendez-vous à Orléans le lundi 11 mars à 20h30, pour le troisième volet du cycle « De la résurrection au canon ».

Cette conférence aura lieu, comme les précédentes, au CFSA de l’AFTEC, 22 avenue des Droits de l’Homme, 45000 Orléans. Retrouvez toutes les informations sur le site Internet du CERC (voir aussi la brochure).

À lundi ! 😉

26 commentaires sur “Écritures et réécritures

  1. Bonsoir,
    bien qu’inscrit au cycle complet de ces conférences, je n’ai pas pu participer aux deux premières… :((( Du coup je me demandais si le fait de participer seulement à cette troisième conférence va me permettre de suivre assez aisément le fil de vos arguments…. En tous cas je vais essayer car je trouve vos interventions toujours très pédagogiques.
    Bien cordialement

    1. Rassurez-vous, chaque conférence développe un sujet autonome. Vous n’avez donc pas besoin d’assister à l’ensemble du cycle. Par ailleurs, je fais toujours un petit résumé des thèmes précédents en début de conférences. À lundi ! 😉

  2. Bonsoir, j’ai enfin pu participer à la conférence que vous avez donnée hier à Orléans et que j’ai beaucoup appréciée (malgré le fait que le trajet Paris-Orléans sous une pluie battante fût quelque peu folklorique…). J’ai même trouvé le courage de vous poser une question sur le rôle du Livre, à laquelle vous m’avez répondu avec beaucoup de clarté.

    Néanmoins, je voudrais prolonger ma question car le thème m’interpelle et votre avis m’intéresse beaucoup. D’une part je suis tout à fait d’accord avec vous que l’importance donnée à l’écriture (volontairement ici avec un « é » minuscule) n’est pas un trait distinctif entre les Notzrim et les « chrétiens » hellénistes (ce n’est d’ailleurs pas par hasard qu’on appelle le Judaïsme et le Christianisme, tout comme l’Islam, les « religions du Livre »). Les deux cultures (juive et grecque pour faire simple) me semblent accorder en effet une grande importance à l’écriture comme outil de transmission (pour se souvenir et pour instruire, exactement comme l’avez si bien expliqué hier). Cependant, il me semble que la place de la Loi, en particulier de la Loi écrite, et ses facteurs d’autorité (je reprends encore un de vos points) n’ont pas tout à fait le même impact dans les deux traditions. Je crois qu’à ce propos Dominique Cerbelaud expliquait, si je l’ai bien compris, qu’une des révolutions majeures portées par le Christianisme naissant consista à remplacer le Livre comme figure sapientiale et à lui substituer le Christ. D’ailleurs, c’est bien dans cette optique que je me suis toujours expliqué l’opposition entre Paul et Jacques (et Pierre en moindre mesure) car l’ouverture d’un horizon eschatologique aux gentils (par la foi en Jésus comme Messie) est bien la raison qui permet à Paul de les dispenser du respect stricte de la Loi.

    En plus, je me demande si cette différence d’autorité qu’aurait le Livre au sein des deux cultures, ne se reflète aussi dans l’évolution des Écritures après la chute du second temple (je reprends ici votre point 4 sur la réécriture). Si d’un côté la Torah a fait l’objet de réécritures, elles me semblent se présenter davantage sous la forme de la modification ponctuelle et de la rédaction continue (votre exemple tiré de Josué est extrêmement parlant !), souvent pour des raisons pédagogiques ou de compréhension par d’autres communautés (je pense ici à la naissance de la Septante par exemple). En plus, ce processus de réécriture me semble céder plutôt la place au commentaire avec la chute du second temple et le développement de la tradition rabbinique. En revanche, dans le cas du Christianisme paulinien (lorsqu’il s’est imposé face aux nazoréeens) j’ai l’impression que, dans la mesure où le salut procède du Christ et non pas du respect de la Loi, les réécritures sont davantage des relectures d’ensemble qui ont pour but de replacer et façonner le rôle et les actes de Jésus, de sa famille, de ses apôtres et disciples, des pères des premières communautés, dans l’optique de montrer en quoi ce Dieu incarné est l’élément eschatologique tant attendu et le vecteur du salut.
    Du coup, il me semble que la prolifération des évangiles, des épitres, des apocalypses, ainsi que la nécessaire procédure de fixation dans un Canon (thème dont je suis impatient de vous entendre parler lors de la prochaine conférence), a une portée un tout petit peu différente par rapport au développement la littérature rabbiniques. Du côté du Christianisme naissant je vois un processus de construction théologique et de mise en place d’un système axiologique en rupture avec la tradition au sein de laquelle il est nait, alors que du côté du judaïsme je vois plutôt un processus de conservation par l’explication et l’approfondissement (la Mishna veut bien dire répétition) à des fins de protection (ce qui s’explique très bien historiquement !).

    Voilà, avec un peu plus de détail, le prolongement de ma question d’hier. Je vous prie d’être indulgent avec moi si mes arguments sont triviaux, trop schématiques ou tout simplement faux car je ne suis pas du tout un expert dans ce domaine et je m’y intéresse en parfait amateur par la lecture que quelques textes (dont les vôtres !) et un peu de réflexion personnelle avec le moins d’à priori possible. Enfin, j’espère que vous ne verrez dans mes arguments aucune volonté d’opposer ou hiérarchiser les deux cultures (juive et chrétienne) car mon intérêt est celui d’un simple non-croyant qui trouve très passionnant de comprendre le fait religieux par l’histoire de son développement.

    Je suis désolé si j’ai été long et je vous remercie par avance si vous trouverez le temps de répondre à ce message.

    1. La focalisation sur l’écrit se développe progressivement dans le judaïsme ; la destruction du temple et le développement du nazoréisme servent à cet égard de catalyseurs. De fait, christianisme et rabbinisme se développent l’un par rapport à l’autre. Quant à la Mishna, elle se présente comme Tora orale transmise à Moïse en même temps que la Tora écrite. En réalité, elle reflète la position du rabbinisme face à d’autres mouvements (notamment sadducéens, esséniens, samaritains et nazoréens). Un thème très riche qui ne peut être développé ici ! 😉

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